L’époïsme
Qu’est-ce qu’un époïste ? Voilà enfin une vraie bonne question. Pour y répondre et comprendre pourquoi les époïstes sont nés, il faut déjà remonter jusqu’à la Bataille, le Combat du grand Epoïse face à l’Orchestra. A ce moment là, on se souvient nettement que personne n’osait s’élever face à une institution aussi puissante que l’Orchestra, ce monstre de pouvoir et de manipulation au cœur de toutes les intrigues politiques. Epoïse a donc été le premier homme à faire entendre la voix du peuple, le rebelle dans toute sa splendeur adulé des femmes et envié des hommes…
C’est de cet homme que l’époïsme s’inspire notamment par la haine qu’éprouve un Epoïste envers l’Orchestra et ses manigances mais pas seulement. Dans les terres "inexplorées", à la suite de la dissolution des guildes et à cause des conditions de vie plus qu'harassantes, plusieurs groupes d’individus se sont réunis afin de faire le point sur la situation. Le premier constat s’est vite présenté sous la forme de :
« bon les gars, on est parti faire cette expédition affublés des idées de l’Orchestra, du fonctionnement de l’Empire et des guildes ; et aujourd’hui y a plus rien ! Pourtant on ne s’en sort pas trop mal sans toutes ces conneries ! » .
Grâce à ce magnifique constat il a fallu avoir une réflexion plus poussée quand à l’utilité de ces entités. Alors tout le monde réfléchit…bon déjà il convient de dire que les guildes servaient quand même un peu, pour rassembler les talents et les savoirs…l’Orchestra était hum… utile comme vecteur des croyances…
Du coup une grande question est née et tous les utopistes présents savaient qu'y répondre signifiait trouver le mode de vie qui conviendrait en ces terres hostiles :
« Quels sont nos besoins essentiels ici ? »
Il leur est alors apparu clairement quels étaient les besoins fondamentaux. Le premier étant de se nourrir afin de pouvoir subvenir à ses besoins physiques, le second de dormir pour assurer son rôle d’être vivant au maximum de ses moyens pouvant utiliser au mieux ses talents. Le dernier et non le moindre étant de se reproduire ; non pas que les Epoïste soient de fervent partisans des orgies, mais parce que la reproduction est essentielle à l’avènement de la nouvelle génération. Cette génération ayant connaissance de toutes les croyances et cultures des aînés.
Respecter ces besoins est vital et toute action réalisée dans le but d’y répondre est forcément légitime. C’est dans cette continuité que la pratique d’un métier quel qu’il soit prend un sens pour l’époïste, perfectionner son talent, en faire son art et ainsi pouvoir subvenir aux besoins vitaux de sa famille est un schéma logique. Ce métier est interprété au sens large pour l’époïste car il le considère plutôt comme le perfectionnement de son talent naturel ; ainsi une personne qui a des talents de filou répondra à ses besoins fondamentaux ou à ceux de la communauté Epoïste en volant. Il va de même pour tous les métiers ou talents et c’est pour cela qu’on ne s’étonnera pas de trouver autant de guerriers que de paysans que d’hommes de lettre chez les Epoïstes. Ils prendront cependant garde de ne pas générer de métiers de pouvoir ou de gestion afin de n’aliéner aucun autre Epoïste et ainsi de ne pas répéter ce qu'ils jugent comme étant les dérives de l’Orchestra ou de l’Empire.
Le concept de luxe est banni de leur philosophie de vie, aucun Epoïste ne voudra donc voler pour s’enrichir ou guerroyer pour la conquête de territoires.
Après que cet évènement ait posé les bases de leur mode de vie et de pensée plusieurs principes se sont instaurés dans cette petite communauté. Le plus important est sans nul doute, après le respect des besoins fondamentaux, le respect de son Epoïs :
Chacun a le droit de croire en ce qu’il souhaite croire et ainsi façonner, imaginer un être idéal. Toute sa vie on se perfectionne pour être cette personne parfaite, pour devenir son propre Epoïs. « Marcher aux côtés » de son Epoïs, c'est-à-dire l’incarner et non plus poursuivre un idéal, est le but ultime de la vie car cela signifie être en harmonie parfaite avec tout ses idéaux, ne rien rejeter de son être. Chaque jour chercher à donner le meilleur de soi-même pour peut être un enfin élever son âme et son être, devenir son propre Epoïs.
Un Epoïs pourra être l’incarnation du courage, de la loyauté et de la vigueur et ainsi représenter un idéal noble et vertueux, cependant, si l’être idéal est hautain, menteur, tricheur, débrouillard…l’époïs que l’on incarnera aura exactement les mêmes caractéristiques. Quelque soit l’Epoïs, il est décidé qu’il sera respecté, à défaut d’être compris et apprécié. Il existe autant d’Epoïs qu’il existe d’Epoïstes.
Leur rapport avec les autres peuples pourrait sembler tendu du fait d’un changement si radical mais il n’en est rien. Selon eux, les Epoïstes sont des êtres éclairés ; ils savent. Ils considèreront alors leur prochain comme un être enfermé dans l’obscurantisme qu’impose l’Orchestra, mais pas comme un ennemi. Selon l’époïste, on gagnera à initier un ignorant plutôt qu’à le détruire. Ceci n’empêchant cependant pas une tendance communautariste plus ou moins prononcée ni de voir les graines de l’orgueil germer dans les esprits.
Dans la suite de cette idée, un Epoïste fondera une famille seulement avec une autre personne de la communauté. L’idée de la polygamie n’est plus exclue, aussi bien masculine que féminine, à la condition que le/la chef de famille soit en mesure d’assumer chaque nouveau membre de la famille et l’intégralité de ses besoins. Il devient alors notoire qu’un chef d’une famille très nombreuse est une personne talentueuse, qui fait profiter les siens des fruits de son travail.
L’agrandissement de sa famille n’est cependant pas une fin en soi, ni ne démontre l’harmonie d’un homme avec lui-même. C’est l’accomplissement de son idéal qui prouve la valeur d’un être, et il est alors probable qu’un être peu soucieux de son Epoïs ne fasse pas par ailleurs un bon chef de famille.
Telle est la grande réponse :
C’est l’accomplissement de son Epois pour répondre à ses besoins qui fait qu’un être trouvera l’harmonie à laquelle chacun doit aspirer.
Vers l'orchestra
Vers les partisans du renouveau
Vers les parasites
Vers l'agora